Le sport en Iran est de plus en plus devenu un instrument de contrôle politique, idéologique et sécuritaire plutôt qu’une institution professionnelle indépendante. Au cours des quatre dernières décennies, de nombreux athlètes ont été confrontés à l’exécution, à l’emprisonnement, à la torture, à des aveux forcés, à l’exclusion professionnelle et à d’autres violations graves des droits humains en raison de leur engagement civique pacifique, de leurs opinions politiques, de leurs croyances religieuses ou de leur refus de se conformer aux politiques idéologiques imposées par l’État.
Ce rapport examine des cas documentés d’athlètes exécutés, emprisonnés et tués, démontrant que la persécution de la communauté sportive iranienne n’est pas le résultat d’incidents isolés mais fait partie d’un schéma plus large de violations systématiques des droits humains.
La première partie se concentre sur les athlètes qui ont perdu la vie, ont été exécutés ou restent emprisonnés en raison de l’exercice de leurs droits et libertés fondamentaux.
Le soulèvement de 2026 : des athlètes aux côtés du peuple
Le soulèvement national de 2026 a marqué un autre moment déterminant dans les relations entre la communauté sportive iranienne et le mouvement plus large du pays pour les droits civiques et les libertés démocratiques. Durant cette période, de nombreux athlètes, entraîneurs et champions nationaux, comme des millions d’autres citoyens iraniens, se sont tenus aux côtés du public dans des manifestations pacifiques et des expressions de solidarité.
En raison de leur participation ou de leur soutien à ces manifestations, beaucoup ont été soumis à de graves représailles, notamment des arrestations arbitraires, des disparitions forcées, des actes de torture, des poursuites pour des raisons politiques, de longues peines de prison et, dans plusieurs cas documentés, des exécutions.
Parmi les victimes du soulèvement de 2026 figuraient un certain nombre d’athlètes accomplis dont les réalisations professionnelles avaient auparavant fait briller le sport iranien. Leur statut sportif n’offrait cependant aucune protection contre la violence d’État. Au lieu de cela, beaucoup sont devenus des cibles directes de la campagne des autorités visant à réprimer la dissidence.
Saleh Mohammadi, un jeune lutteur, a été arrêté lors des manifestations, condamné à mort puis exécuté.
Mehdi Ghadimi, un athlète qui a participé aux manifestations, a été arrêté pour des raisons liées à la sécurité nationale, soumis à une procédure judiciaire qui a soulevé de sérieuses inquiétudes quant aux garanties d’une procédure régulière et d’un procès équitable, puis exécuté.
Masoud Zatparvar, un champion de culturisme, a été arrêté en raison de sa participation aux manifestations, puis exécuté, devenant ainsi l’une des victimes sportives les plus importantes du soulèvement de 2026.
Sasan Azadvar, un jeune athlète de karaté, a été arrêté lors des manifestations et est devenu l’un des exemples les plus marquants d’athlètes soumis aux formes les plus dures de répression judiciaire.
Arshia Barari, une jeune championne de fitness, a été arrêtée en lien avec les manifestations et condamnée à mort. Son cas est devenu un autre exemple emblématique de la répression dirigée contre les athlètes iraniens lors du soulèvement de 2026.
Outre ces cas marquants, Yazdan Afrough, Abbas Khadem, Hadi Forough, Ali-Mohammad Kordkazemi, Hassan Kalaher, Robin Moradi, Mohammad-Hossein Parnoun, Mojtaba Torshizi, Mohammad-Reza Golmakani et Qasem Vakili font partie des athlètes et entraîneurs qui, en raison de leur lien présumé avec les manifestations, ont été soumis à des arrestations arbitraires, à des harcèlements de sécurité et à des motivations politiques. poursuites judiciaires ou d’autres formes de violations graves des droits de l’homme.
Ces cas documentés démontrent que les autorités iraniennes ont délibérément ciblé des membres de la communauté sportive dans le cadre d’une stratégie plus large visant à réprimer la dissidence publique. Plutôt que de traiter les athlètes comme des citoyens indépendants jouissant de droits fondamentaux, les autorités les ont soumis au même mécanisme coercitif que celui utilisé contre les journalistes, les étudiants, les avocats, les artistes et d’autres secteurs de la société civile iranienne.
Des athlètes tués alors qu’ils défendaient la liberté
Le soulèvement national de 2026 a été marqué non seulement par des manifestations publiques massives, mais également par la participation active des membres de la communauté sportive iranienne. Les athlètes qui avaient autrefois représenté leur pays lors de compétitions nationales se sont joints aux citoyens ordinaires pour exiger la liberté, la justice et les droits fondamentaux. Pour plusieurs d’entre eux, ce choix s’est avéré fatal.
La mort de ces athlètes n’est pas une tragédie isolée. Ils s’inscrivent dans un schéma plus large impliquant un recours excessif et souvent meurtrier à la force contre les civils participant à des manifestations pacifiques.
Zahra Azadpour, footballeuse professionnelle, alpiniste et ancienne invitée au camp d’entraînement national de football féminin iranien, a été abattue par les forces de sécurité gouvernementales à Karaj le 9 janvier 2026.
Sahba Rashtian, arbitre assistante de football féminin de 23 ans et athlète d’athlétisme et de conditionnement physique, a été mortellement abattue lors de manifestations à Ispahan le 9 janvier 2026.
Sakineh Akbari, instructeur d’alpinisme et secouriste bénévole, a été tuée lorsque les forces gouvernementales ont ouvert le feu sur des manifestants à Ardabil.
Sara Behboudi, une alpiniste de 45 ans originaire de Rasht qui avait gravi avec succès plusieurs sommets majeurs, a été abattue alors qu’elle participait à des manifestations le 9 janvier 2026 et est décédée des suites de ses blessures.
Arnika Dabbagh, championne nationale de natation de 15 ans et lauréate de plusieurs médailles nationales, a été tuée par balle à Gorgan. Selon les informations disponibles, des perturbations généralisées des communications ont empêché son transfert en temps opportun vers un établissement médical, contribuant ainsi à sa mort.
Mahna Doukoushani, une championne de taekwondo de 18 ans originaire de Kermanshah, a été mortellement abattue par les forces de sécurité le 8 janvier 2026.
Parastoo Jarrahian, athlète de boxe et de sports équestres, a succombé aux blessures subies lors des manifestations à Arak. Certaines informations indiquent que les membres de sa famille n’ont pas pu la voir pendant qu’elle était hospitalisée.
La mort de ces athlètes illustre que la communauté sportive iranienne a été soumise au même schéma de répression meurtrière que d’autres secteurs de la société ont connu lors du soulèvement de 2026. Leurs cas démontrent que les athlètes n’ont pas été ciblés en raison de leur seule profession, mais parce qu’ils exerçaient les mêmes droits fondamentaux que les autres citoyens, notamment les droits de réunion pacifique, de liberté d’expression et de participation à la vie publique.
Avec les athlètes qui ont été exécutés, emprisonnés, torturés ou contraints à l’exil, ces victimes font désormais partie du dossier documenté des violations systématiques des droits humains commises contre la communauté sportive iranienne.
L’exécution : l’ultime instrument de répression de l’État contre les athlètes
L’exécution représente la violation la plus grave et la plus irréversible du droit à la vie. Au cours des quatre dernières décennies, les autorités iraniennes ont eu recours à plusieurs reprises à la peine capitale contre des athlètes dans le cadre d’affaires politiques, de manifestations à l’échelle nationale et d’accusations de sécurité nationale au sens large.
Des cas documentés indiquent que nombre de ces athlètes ont été poursuivis dans le cadre de procédures judiciaires caractérisées par des allégations de torture, des aveux forcés, le refus d’accès à un avocat de leur choix et de graves violations des normes internationales de procès équitable.
Ces exécutions vont au-delà de la privation de vies individuelles. Elles font partie d’une stratégie plus large visant à intimider la communauté sportive iranienne et à dissuader les athlètes d’exercer leurs droits fondamentaux ou d’utiliser leur position publique pour exprimer leur solidarité avec les mouvements populaires.
Plutôt que de les protéger, la visibilité publique et l’influence sociale de ces athlètes les ont souvent rendus plus vulnérables. Dans plusieurs cas, les autorités ont semblé transformer leurs poursuites en exemples très médiatisés destinés à décourager d’autres athlètes de s’engager dans une expression civique ou politique.
Les cas suivants représentent certains des exemples documentés les plus significatifs d’athlètes exécutés ou condamnés à mort en Iran.
Habib Khabiri
Ancien capitaine de l’équipe nationale iranienne de football, Habib Khabiri a été arrêté en 1983 en raison de ses activités et opinions politiques. Après avoir enduré détention et torture, il a été exécuté en juillet 1984 à la prison d’Evin. Son cas reste l’une des premières exécutions documentées d’un athlète iranien de premier plan après l’établissement de la République islamique.
Forouzan Abdi
Ancienne capitaine de l’équipe nationale féminine iranienne de volleyball, Forouzan Abdi a été arrêtée dans les années 1980 et est restée emprisonnée pendant plusieurs années avant d’être exécutée lors de l’exécution massive de prisonniers politiques à l’été 1988. Elle est largement reconnue comme l’une des athlètes féminines les plus éminentes victimes de la répression politique en Iran.
Navid Afkari
Le champion de lutte gréco-romaine Navid Afkari a été arrêté dans le cadre des manifestations nationales de 2018. Il a été condamné à mort sur la base d’aveux qui, selon lui, avaient été extorqués sous la torture. Malgré les nombreux appels internationaux lancés par les gouvernements, les experts des Nations Unies, les organisations de défense des droits de l’homme et la communauté sportive mondiale, il a été exécuté de manière inattendue en septembre 2020. Son cas est devenu l’un des symboles les plus reconnus au niveau international de la répression judiciaire contre les athlètes iraniens.
Mohammad Mehdi Karami
Le champion iranien de karaté Mohammad Mehdi Karami a été arrêté lors des manifestations nationales de 2022. À la suite d’une procédure judiciaire qui a suscité de nombreuses critiques pour non-respect des normes fondamentales d’une procédure régulière et d’un procès équitable, il a été exécuté en janvier 2023. Son exécution est devenue un symbole déterminant de la répression exercée par l’État contre les athlètes qui manifestaient.
Seyed Mohammad Hosseini
L’instructeur bénévole de karaté Seyed Mohammad Hosseini a été arrêté dans la même affaire liée aux manifestations que Mohammad Mehdi Karami et exécuté à ses côtés en janvier 2023. Des informations concernant son cas ont documenté des allégations de torture, d’aveux forcés et de déni des garanties fondamentales d’un procès équitable.
Majidreza Rahnavard
Le lutteur et culturiste Majidreza Rahnavard a été arrêté lors des manifestations de 2022, condamné à mort dans le cadre d’une procédure judiciaire accélérée et exécuté publiquement en décembre 2022. La mise en œuvre publique de son exécution a suscité une large condamnation internationale et a intensifié les inquiétudes concernant le recours par l’Iran à la peine capitale contre les manifestants.
Ces cas démontrent que la peine de mort n’a pas fonctionné simplement comme une sanction pénale mais aussi comme un instrument de répression politique. Les allégations récurrentes de torture, d’aveux forcés, de refus d’une procédure régulière et de procédures judiciaires accélérées suscitent de sérieuses inquiétudes quant aux violations des obligations de l’Iran en vertu du droit international relatif aux droits humains, notamment le droit à la vie et le droit à un procès équitable.
Emprisonnement : faire taire les voix des athlètes
Les exécutions n’ont pas été le seul instrument utilisé pour réprimer la communauté sportive iranienne. Au cours des dernières années, des dizaines d’athlètes et d’entraîneurs ont été soumis à des arrestations arbitraires, à des emprisonnements prolongés, à des actes de torture et à d’autres violations graves des droits humains en raison de leur participation à des manifestations pacifiques, de l’expression d’opinions critiques ou de leur refus de se conformer aux politiques officielles de l’État.
Bon nombre de ces cas ont été accompagnés d’allégations crédibles d’isolement cellulaire prolongé, de torture, d’aveux forcés, de refus d’accès à un avocat indépendant et de procédures judiciaires qui n’ont pas satisfait aux normes internationalement reconnues de procédure régulière et de procès équitable.
Les cas présentés ci-dessous ne représentent pas tous les athlètes emprisonnés en Iran. Au contraire, ils constituent certains des exemples les mieux documentés illustrant un système de répression plus large et systématique contre les membres de la communauté sportive du pays.
Mohammad Javad Vafaei-Sani
L’entraîneur et athlète de boxe Mohammad Javad Vafaei-Sani a été arrêté à la suite des manifestations nationales de novembre 2019. Depuis sa détention, il a été condamné à mort à plusieurs reprises dans le cadre de procédures judiciaires qui ont suscité de vives critiques en raison d’allégations de torture, d’irrégularités de procédure et de violations des procédures régulières. Il reste emprisonné et les rapports indiquent qu’il continue de courir un risque imminent d’exécution.
Naeimi a dit
Le nageur Peyvand Naeimi a été arrêté lors du soulèvement national de 2026. Selon des informations documentées, il a été soumis à de graves tortures, notamment à des simulations d’exécution, pendant sa détention. Il reste en isolement cellulaire et risque toujours d’être condamné à mort.
Les enfants de Naeimi
Le champion de karaté Barna Naeimi, membre de la communauté bahá’íe d’Iran, a été arrêté et aurait été soumis à des décharges électriques, à des interrogatoires coercitifs et à des menaces à l’encontre de membres de sa famille dans le but de lui extorquer des aveux. Il reste en détention alors que son état physique et son statut judiciaire suscitent de vives inquiétudes.
Parham Parvari
Le champion national de natation Parham Parvari a été arrêté lors des manifestations de 2022 et condamné à 15 ans d’emprisonnement accompagné d’un exil interne à la prison de Jask. Son cas illustre le recours des autorités à la longue détention et à l’exil interne punitif comme mécanismes de répression contre les athlètes.
Sahand Noormohammadzadeh
Le champion de culturisme Sahand Nourmohammadzadeh a d’abord été condamné à mort, qui a ensuite été commuée en peine de prison. Bien que l’ordre d’exécution ait été annulé, il continue de purger une longue peine.
Amir Reza Nasr-Azadani
L’ancien footballeur professionnel Amir Reza Nasr-Azadani a été arrêté dans le cadre des manifestations de 2022 et condamné à une longue peine de prison. Ses poursuites ont suscité une vive inquiétude et une condamnation de la part des organisations internationales de football et des membres de la communauté sportive mondiale.
Ces cas démontrent que l’emprisonnement, la torture, la détention prolongée et la menace persistante d’exécution sont devenus des éléments intégrantes d’une stratégie plus large visant à faire taire les voix indépendantes au sein de la communauté sportive iranienne et à créer une atmosphère de peur parmi les athlètes qui cherchent à exercer leurs droits fondamentaux.
Plutôt que de servir des objectifs légitimes de justice pénale, ces mesures semblent fonctionner comme des instruments d’intimidation politique visant à dissuader les athlètes de participer à la vie civique, d’exprimer des opinions dissidentes ou de démontrer leur solidarité avec des mouvements sociaux plus larges.
Les cas documentés dans cette première partie démontrent que les exécutions, les détentions arbitraires, la torture et les emprisonnements prolongés sont devenus des instruments centraux de répression contre la communauté sportive iranienne. Ensemble, ils révèlent une tentative systématique visant à faire taire les athlètes qui exercent leurs droits fondamentaux ou qui se tiennent publiquement aux côtés de la société iranienne.
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Partie II : Contrôle politique du sport et responsabilité internationale
La deuxième partie examine comment les institutions politiques et sécuritaires ont transformé le sport en un instrument de contrôle idéologique, passe en revue la réponse de la communauté sportive internationale et des mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies, et se termine par une évaluation des implications plus larges de ces violations documentées sur les droits de l’homme.
