Communauté Iran Libre en Belgique

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Criminaliser la communication avec les médias et entités étrangers en Iran : une évaluation juridique et des droits de l’homme

Ce rapport examine un projet de loi dont les grandes lignes ont été votées par le Parlement iranien, avec pour objectif déclaré de « contrecarrer l’influence des services de renseignement étrangers, des gouvernements étrangers ou des entités étrangères ». Basé sur des informations publiées dans les médias nationaux, le projet de loi prévoit la criminalisation des contacts avec les médias étrangers, des restrictions sur la coopération universitaire et scientifique avec des institutions étrangères et des sanctions sévères pour diverses formes de communication et de collaboration avec des entités étrangères.

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Contexte et contenu du projet de loi

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Selon les dispositions du projet de loi, mener des interviews, participer à des discussions, apparaître dans des programmes ou s’engager dans toute forme de communication avec des médias classés comme « hostiles » ou « subversifs » est considéré comme un crime. Les médias américains et israéliens, ainsi que les entités financées par ces gouvernements, sont explicitement identifiés comme des médias hostiles. Le fait de communiquer avec de telles plateformes est passible d’une peine d’emprisonnement de 6e année (allant de plus de six mois à deux ans).

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Selon le texte du projet de loi, il est interdit de communiquer avec tout autre média étranger sans notification préalable au ministère du Renseignement. Les citoyens et les professionnels des médias sont tenus d’enregistrer toute interview ou interaction prévue avec des médias étrangers sur un portail désigné créé par le ministère du Renseignement avant l’engagement ; le fait de ne pas enregistrer cette communication peut également entraîner une peine d’emprisonnement.

Restrictions sur la communication avec les ambassades et entités étrangères

Le projet de loi impose des limites strictes aux interactions avec les ambassades étrangères, les bureaux organisationnels et les entités non iraniennes. Tout contact allant au-delà des questions administratives courantes (telles que les affaires d’état civil ou de statistiques de l’état civil) doit être effectué avec la notification préalable et l’autorisation écrite du ministère des Affaires étrangères ; sinon, les individus risquent l’emprisonnement et la privation de certains droits sociaux.

Isolement forcé et répression des activités scientifiques et culturellesCoopération (articles 5, 14 et 15)

Dans le domaine scientifique, le ministère du Renseignement est chargé de publier une liste annuelle des institutions non iraniennes autorisées ; toute collaboration scientifique, acceptation de bourses, participation à des conférences ou transmission de spécimens de recherche en dehors de cette liste approuvée est criminalisée (article 5). Dans les secteurs culturels et artistiques, toute production de films, de théâtre, de musique ou de livres considérée par les agents de sécurité comme « dépeindre une image sombre de l’Iran » ou « remettre en question les principes religieux » soumettra le créateur à de lourdes amendes financières, à des interdictions permanentes d’accès aux services gouvernementaux et à l’interdiction de production artistique (article 14). L’organisation ou la participation à des ateliers de formation et à des cours nationaux ou internationaux liés à des entités internationales est également passible d’une peine d’emprisonnement (article 15).

Sanctions sévères pour les « propositions politiques sous influence étrangère »

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Évaluation juridique dans le cadre du droit national

Principe de légalité des crimes et des peines

En droit pénal, le principe de légalité exige que le comportement criminel soit défini avec précision et clarté. Dans ce projet de loi, des termes tels que « médias hostiles », « conditions critiques », « communication », « activité médiatique à l’extérieur du pays » et « sous la surveillance de services de renseignement étrangers » sont employés de manière large et ambiguë. Cette ambiguïté autorise des interprétations radicales et arbitraires qui violent directement les principes de clarté et de sécurité juridiques.

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La simple criminalisation du fait de mener une interview ou de transmettre des informations générales à des médias étrangers – et d’imposer des peines de prison à de tels actes – est d’une gravité disproportionnée. En outre, le fait d’imposer des peines allant jusqu’à 30 ans de prison pour de larges catégories de collaboration ou de propositions politiques sans définitions juridiques étroites conduit à des sanctions disproportionnées et injustifiées.

Centralisation des procédures devant les tribunaux révolutionnaires

Le renvoi de ces affaires aux tribunaux révolutionnaires et la désignation des agences de renseignement comme principaux responsables de la justice retirent ces affaires des voies judiciaires ordinaires et les placent dans un appareil de renseignement et de sécurité. Cette structure compromet gravement l’indépendance judiciaire, le droit à un procès équitable et l’accès à une défense juridique efficace.

Évaluation au titre des obligations internationales et des normes relatives aux droits de l’homme

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Selon les normes internationales relatives aux droits de l’homme, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), la liberté d’expression englobe le droit de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toutes sortes, sans ingérence et sans considération de frontières. Criminaliser les contacts avec les médias étrangers – en particulier ceux qualifiés d’« hostiles » – et menacer d’emprisonnement ceux qui envoient des photos, des vidéos, des fichiers audio ou des données viole directement ce droit fondamental.

Violation directe de la liberté d’expression et de l’accès à l’information (articles 19 et 22 du PIDCP)

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Restreindre la coopération scientifique et universitaire aux seules institutions figurant sur une liste approuvée, tout en criminalisant des activités culturelles et éducatives spécifiques, empiète sur le droit à la liberté d’association, le droit à l’éducation et le droit de participer à la vie culturelle. Ces restrictions menacent de perturber les échanges médicaux, scientifiques et culturels, provoquant un grave isolement intellectuel.

Effet dissuasif et autocensure

Même avant l’adoption définitive de chaque article, la publication du projet de loi et l’approbation de ses principes généraux exercent un effet dissuasif important sur le comportement des citoyens. Par crainte de poursuites, de nombreuses personnes s’abstiendront de manière proactive de toute interaction avec les médias étrangers et les entités internationales. Cet « effet dissuasif » reste l’une des conséquences les plus dommageables d’une législation vague et draconienne visant la liberté d’expression.

Conséquences politiques et sociales

Exacerbation de l’isolement de l’information et des médias La mise en œuvre de ce projet de loi menace de restreindre strictement l’accès des citoyens à des sources d’information indépendantes et diverses, coupant ainsi les liens entre la société iranienne et l’opinion publique mondiale. Cet environnement augmente considérablement le risque de voir des récits unilatéraux contrôlés par l’État s’imposer tout en éliminant les possibilités de critique et de réforme politiques.

Affaiblissement de la société civile et de la sphère publique En plaçant les militants de la société civile, les journalistes, les universitaires et les artistes sous la menace constante de poursuites pénales pour leurs interactions avec des entités étrangères, la société civile est gravement fragilisée, poussant la sphère publique au silence et à l’autocensure. Cette trajectoire érode la participation du public à la vie politique et sociale et dégrade la confiance sociétale.

Conclusion et actions essentielles des organismes internationaux

Dans sa forme actuelle, le « Foreign Influence Counteraction Bill » va bien au-delà de la lutte contre les activités d’espionnage ou de renseignement ; il criminalise systématiquement un large éventail d’actions licites et routinières commises par des citoyens ordinaires, des journalistes, des chercheurs et des défenseurs de la société civile. Des définitions juridiques vagues, des sanctions draconiennes, le rôle dominant attribué aux appareils de sécurité et la centralisation des procédures judiciaires au sein des tribunaux révolutionnaires font de cette législation un outil puissant pour éteindre la liberté d’expression, la liberté des médias, la liberté d’association et la collaboration universitaire. Sa mise en œuvre entraînera un isolement aigu de l’information, une autocensure généralisée et la neutralisation de la société civile.

Mesures concrètes attendues de la part des organismes internationaux

Les mesures pratiques et concrètes que doivent prendre les organisations internationales pour contrer l’attaque ouverte de la République islamique d’Iran contre la liberté d’expression et l’imposition de l’autocensure comprennent :

1) Documentation systématique et enregistrement officiel

Il est essentiel que les instances internationales :

  • Documenter et enregistrer les impacts systémiques de ce projet de loi sur la liberté d’expression, les médias, la liberté académique et la société civile ;
  • Refléter les cas de détention, de menaces, de convocations ou de condamnations résultant de cette loi dans les mécanismes de signalement périodique ;
  • Utiliser les cadres de surveillance des droits de l’homme existants pour garantir que les violations sont suivies et peuvent donner lieu à des poursuites au niveau international.

2) Activation des mécanismes de suivi et de reporting

Il est essentiel que les instances internationales :

  • Évaluez ce projet de loi par rapport aux obligations contraignantes de l’Iran en vertu des traités internationaux ;
  • Mettre explicitement en avant la loi dans les mandats officiels comme un instrument restrictif portant atteinte à la liberté d’expression ;
  • Engager les mécanismes de contrôle internationaux pour exiger des explications formelles concernant la justification juridique, la nécessité et la proportionnalité de ces dispositions.

3) Soutien pratique aux journalistes, chercheurs et militants de la société civile

Les actions concrètes comprennent :

  • Error 500 (Server Error)!!1500.That’s an error.There was an error. Please try again later.That’s all we know.
  • Offrir une assistance juridique et un soutien documentaire aux personnes ciblées en raison de leurs liens avec des médias ou des entités étrangères ;
  • Renforcer les initiatives de renforcement des capacités axées sur la liberté des médias et la sécurité numérique pour les personnes à risque.

4) Évaluation de l’impact sur la coopération scientifique, culturelle et éducative

Il est essentiel que les instances internationales :

  • Réaliser des évaluations spécialisées sur l’impact du projet de loi sur l’enseignement supérieur et les échanges scientifiques ;
  • Présenter les conséquences des restrictions académiques dans des rapports spécialisés sur le droit à l’éducation et la liberté académique ;
  • Déployer les mécanismes de protection existants pour aider les universitaires, les chercheurs et les étudiants concernés.

5) Poursuivre les cadres de responsabilité internationaux

Les actions possibles impliquent :

  • Tirer parti des mécanismes juridiques internationaux existants pour tenir les acteurs étatiques responsables de leurs obligations en matière de droits de l’homme ;
  • Soulever cette législation dans les forums internationaux comme un instrument violant les droits fondamentaux ;
  • Demander des évaluations internationales indépendantes concernant la nécessité et la proportionnalité de ces restrictions juridiques.

6) Améliorer l’accès mondial à l’information concernant la liberté d’expression en Iran

Cela comprend :

  • Publier des rapports d’analyse publics et spécialisés détaillant les ramifications du projet de loi ;
  • Produire des analyses juridiques faisant autorité et accessibles aux universitaires, aux médias et aux organisations de la société civile ;
  • Développer des ressources multilingues pour sensibiliser le monde aux impacts systémiques de cette loi.

 

Références/Sources citées dans le rapport :

  • Nouvelles d’Eghtesad: Détails de la nouvelle approbation parlementaire / 6 mois à 2 ans d’emprisonnement pour avoir interviewé des médias américains / Entretiens avec des médias étrangers conditionnés à la notification au ministère du Renseignement.
  • Shargh Quotidien(Chaîne Telegram) : Annonce d’Abbas Goudarzi, porte-parole de la présidence du Parlement, concernant l’approbation des grandes lignes du projet de loi sur la lutte contre l’influence étrangère.

 

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